Couverture de Seul : Révélations, de Belisa Wagner

Seul : Révélations. Le château, le grand-père, et ce qu'on préférerait ne pas savoir

Par François —

Le premier tome posait une question simple : un homme accusé du pire peut-il encore être entendu ? Le deuxième en pose une autre, nettement moins confortable ... que fait-on de la vérité quand elle concerne les siens ?

De l'accusé à l'enquêteur

Seul : Révélations opère un basculement. Geoffrey Edelmann ne subit plus, il cherche. Et sa recherche l'emmène jusqu'au château de son grand-père, dans un monde qui n'a rien à voir avec celui où il vit d'ordinaire : d'autres codes, d'autres silences, d'autres manières de faire disparaître ce qui dérange.

Ce qu'il y découvre le conduit à un soupçon qu'aucun petit-fils n'a envie de formuler : et si son grand-père était un criminel ? Le roman s'installe alors dans une tension très particulière, celle de l'enquête menée contre sa propre famille. Il ne s'agit plus de prouver son innocence, il s'agit de rassembler assez de preuves pour mettre un homme hors d'état de nuire, en sachant exactement ce que ça détruira au passage.

Et cette enquête-là se mène au péril de sa vie. Belisa Wagner ne fait pas de cadeau à son personnage : les obstacles s'accumulent, et l'étau se resserre à mesure que Geoffrey approche.

Ania, et le métier d'acteur

Dans cette descente, deux choses tiennent Geoffrey debout. La première est son métier d'acteur, cette part de lui qui existait déjà dans le tome 1 et qui prend ici une autre épaisseur, puisqu'elle est aussi la seule zone de sa vie où jouer un rôle est légitime.

La seconde est Ania. Elle traverse tout le roman, « toujours si proche et pourtant si lointaine », et c'est peut-être le fil le plus intéressant du livre : la question n'est pas seulement de savoir si Geoffrey parviendra à la garder à ses côtés, mais s'il sera capable de lui confier ce qu'il porte. Ses secrets, ses doutes, ses peines.

Pour un homme dont la vie s'est effondrée le jour où il n'a pas été cru, apprendre à parler n'est pas un détail sentimental. C'est le vrai sujet du livre, sous le thriller.

« Seuls bonheurs dans cette descente aux enfers, son métier d'acteur et la belle Ania, toujours si proche et pourtant si lointaine. »

Quatrième de couverture, Seul : Révélations

Un tome plus long, et plus construit

Publié le 22 novembre 2016, huit mois seulement après le premier, Révélations est aussi le tome le plus long de la trilogie avec ses 468 pages. Ce n'est pas anodin : c'est le livre où l'intrigue cesse d'être une affaire judiciaire pour devenir une histoire de famille sur plusieurs générations : celle qui permettra au tome 3 d'exister.

C'est également à cette période que le travail de Belisa Wagner commence à être distingué. Les deux premiers tomes de la trilogie ont reçu le prix des lecteurs de la bibliothèque de Saint-Vaast-sur-Seulles en 2016, le prix du meilleur roman de la ville d'Aumale en 2017, et le prix Pierrotin décerné par les lecteurs de la bibliothèque de Saint-Pierre-lès-Elbeuf la même année. Trois distinctions venues de lecteurs et de bibliothèques, ce qui, pour une autrice publiée chez un éditeur régional puis en autoédition, dit quelque chose d'assez juste sur la manière dont ces livres se transmettent : de main en main.